Investir pour préparer sa retraite : quelles solutions ?
Mise à jour le 11/09/2026 - par Camille Gayral
La retraite par répartition reste le socle du système français, mais elle ne garantit pas nécessairement le maintien du niveau de vie atteint en fin de carrière. Face à cette incertitude, de plus en plus d'actifs choisissent de se constituer, en parallèle, une épargne dédiée à la retraite. Ce guide présente les principales solutions disponibles, leurs mécanismes et leurs limites. Pour une vision plus globale, consultez également notre guide pour investir son argent en France selon son profil.
Réponse rapide
Pour préparer sa retraite, quatre grandes solutions peuvent être combinées : le PER pour bénéficier d'un avantage fiscal à l'entrée sous conditions, l'assurance-vie pour conserver davantage de souplesse, le PEA pour investir en actions à long terme et l'immobilier ou les SCPI pour rechercher des revenus complémentaires.
Il n'existe toutefois pas de meilleur placement retraite universel : le choix dépend principalement de l'âge, de l'horizon de placement, de la fiscalité, du besoin de disponibilité et du niveau de risque accepté.
Sommaire
- Pourquoi compléter sa retraite par une épargne personnelle ?
- Les principales solutions pour se constituer un capital retraite
- Comparer les solutions selon l’horizon retraite
- Quelle solution selon votre situation ?
- Deux profils, deux horizons
- Exemples de stratégies à étudier selon l’horizon
- Le rôle de BNP Paribas dans la préparation de la retraite
- Ce qu’il faut retenir
- FAQ
Pourquoi compléter sa retraite par une épargne personnelle
Selon les études du Conseil d'orientation des retraites (COR) et de la DREES, le taux de remplacement, le rapport entre la pension perçue et le dernier revenu d'activité, varie fortement selon le profil de carrière, le niveau de salaire et le régime de rattachement. Il se situe le plus souvent entre 50 % et 75 % pour les salariés du secteur privé à carrière complète, et tend à diminuer d'une génération à l'autre selon les projections du COR. Il est par ailleurs structurellement plus faible pour les revenus élevés, la retraite de base étant plafonnée au niveau du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € en 2026.
Le calendrier des réformes ajoute une part d'incertitude, sans pour autant remettre en cause ce constat de fond. Selon Service-Public.fr, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, la montée en charge progressive de l'âge légal prévue par la réforme de 2023 pour les générations nées entre 1964 et 1968 : leur âge légal reste fixé entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois, soit environ trois mois de moins que ce que prévoyait le calendrier initial. Pour les générations nées à partir de 1969, la réforme s'applique intégralement, avec un âge légal maintenu à 64 ans. Cette suspension est prévue jusqu'à fin 2027 ; le calendrier initial de la réforme de 2023 doit reprendre en 2028, sauf nouvelle décision du législateur.
Que l'âge légal évolue ou reste stable pour telle ou telle génération, le taux de remplacement reste, pour la majorité des actifs, inférieur au dernier revenu d'activité. C'est ce constat, plus que le calendrier précis des réformes, qui justifie de s'intéresser à une épargne complémentaire.
Les principales solutions pour se constituer un capital retraite
Le plan d'épargne retraite (PER)
Le PER est l'enveloppe pensée spécifiquement pour la retraite : les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite d'un plafond calculé chaque année à partir du PASS. Pour 2026, ce plafond se situe, selon Service-Public.fr, entre 4 710 € et 37 680 € pour un salarié selon ses revenus, avec un mécanisme de report des plafonds non utilisés désormais étendu à cinq ans (contre trois ans auparavant), applicable aux plafonds constitués à compter de 2026.
En contrepartie de cet avantage fiscal à l'entrée, l'épargne reste bloquée jusqu'au départ à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, entre autres). La fiscalité à la sortie dépend à la fois du choix effectué à l'entrée et du mode de sortie :
- Versements déduits, sortie en capital : le capital correspondant aux versements est imposé au barème de l'impôt sur le revenu, comme un revenu classique ; les gains associés sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %.
- Versements déduits, sortie en rente viagère : la rente est imposée comme une pension de retraite, au barème de l'impôt sur le revenu après un abattement de 10 %, avec des prélèvements sociaux calculés selon le régime applicable aux pensions, un régime distinct de celui des revenus du capital, non concerné par la hausse de la CSG de 2026.
- Versements non déduits, sortie en capital : le capital est exonéré d'impôt sur le revenu, puisqu'il a été constitué avec des sommes déjà imposées ; seuls les gains restent soumis au PFU de 31,4 %.
- Versements non déduits, sortie en rente viagère : la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux. Seule une fraction est imposable, déterminée par l'âge au premier versement, et cette fraction supporte 17,2 % de prélèvements sociaux.
Cette diversité de traitements explique pourquoi l'intérêt du PER dépend moins de son principe général que du choix fait à l'entrée (déduction ou non) et du mode de sortie retenu.
L'assurance-vie
Contrairement au PER, l'assurance-vie n'impose aucun blocage : les fonds restent disponibles à tout moment, avec une fiscalité qui s'allège avec l'ancienneté du contrat. Après huit ans, un abattement annuel sur les gains rachetés s'applique, 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, au-delà duquel les gains restent taxés à 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce taux n'a pas été modifié par la hausse de la CSG de 2026, l'assurance-vie faisant partie des produits explicitement exclus de cette hausse.
L'assurance-vie permet également, au moment de la retraite, de transformer tout ou partie du capital en rente viagère plutôt que de procéder à des rachats ponctuels. Cette rente est alors imposée selon le régime des rentes à titre onéreux : seule une fraction est soumise à l'impôt, déterminée par l'âge au premier versement (70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans), et cette fraction imposable supporte 17,2 % de prélèvements sociaux.
L'immobilier locatif et les SCPI
Investir dans l'immobilier locatif, en direct ou via des SCPI (sociétés civiles de placement immobilier), vise un objectif différent : générer un revenu régulier plutôt qu'un capital à liquider en une fois. D'après l'ASPIM, le taux de distribution moyen des SCPI s'est établi à 4,91 % en 2025, en hausse par rapport à 2024 (4,72 %), un chiffre qui reste une moyenne de marché, ne constitue pas un rendement garanti et masque d'importants écarts selon les catégories de SCPI.
Ce complément de revenu a une contrepartie : les parts de SCPI sont moins liquides qu'un contrat d'assurance-vie ou un compte-titres, leur valeur peut baisser, elle a d'ailleurs reculé en moyenne en 2025 selon l'ASPIM, et les revenus perçus sont fiscalisés comme des revenus fonciers, au barème de l'impôt sur le revenu additionné de 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour un épargnant déjà fortement imposé, ce cumul peut réduire sensiblement le rendement net.
Le PEA, pour une exposition actions sur le temps long
Le plan d'épargne en actions (PEA) convient aux épargnants disposant encore d'un horizon suffisamment long avant la retraite pour absorber les fluctuations des marchés actions. Après cinq ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux restent dus, à 18,6 % depuis la hausse de la CSG de 2026. Un retrait avant ce délai de cinq ans entraîne en principe la clôture du plan, ce qui en fait un outil plutôt réservé à la phase de constitution du capital, moins adapté aux dernières années avant le départ.
Comparer les solutions selon l'horizon retraite
| Solution | Horizon adapté | Avantage principal | Point de vigilance |
| PER | Jusqu'au départ à la retraite | Déduction fiscale possible à l'entrée | Épargne bloquée (hors cas de déblocage anticipé) |
| Assurance-vie | Tout horizon, y compris court terme | Disponibilité, abattement après 8 ans | Rendement du fonds en euros modéré |
| Immobilier locatif / SCPI | Long terme | Revenu régulier potentiel | Liquidité plus faible, fiscalité des revenus fonciers |
| PEA | Moyen à long terme, avant la retraite | Exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans | Clôture du plan en cas de retrait avant 5 ans |
Besoin d'y voir plus clair sur votre situation ?
Le choix entre PER, assurance-vie, PEA et SCPI dépend de facteurs propres à chaque épargnant : âge, fiscalité, horizon de placement, besoin de liquidité. Un conseiller peut vous aider à faire le point avant de trancher
Quelle solution selon votre situation ?
| Votre situation | Solution(s) à étudier | Pourquoi ? |
| Jeune actif avec plus de 20 ans d'horizon | PEA et/ou PER selon la fiscalité, l'horizon et le profil de risque | Un horizon long peut permettre d'envisager davantage d'exposition aux marchés actions ; l'intérêt du PER dépend surtout de la tranche marginale d'imposition, pas de l'âge seul |
| Tranche marginale d'imposition élevée | PER | La déduction des versements est généralement plus avantageuse lorsque le taux d'imposition est élevé |
| Besoin de conserver une épargne disponible | Assurance-vie | Possibilité de rachats à tout moment, sans attendre la retraite |
| Recherche de revenus complémentaires réguliers | SCPI ou immobilier locatif | Revenus potentiellement réguliers, sans garantie de performance ni de disponibilité |
| Moins de 10 ans avant la retraite | Réévaluation du niveau de risque et, selon les besoins, sécurisation progressive d'une partie du capital | L'approche dépend des revenus futurs, du patrimoine déjà constitué, des besoins de liquidité et du niveau de risque accepté, pas seulement du temps restant avant le départ |
Ce tableau propose des pistes à étudier selon des situations types ; il ne constitue pas une recommandation automatique et ne dispense pas d'examiner sa situation personnelle, le cas échéant avec un professionnel.
Deux profils, deux horizons
Karim, 34 ans, vient de commencer à préparer sa retraite alors que l'échéance reste lointaine. Avec un horizon de plus de trente ans, il pourrait envisager de privilégier le PEA pour une partie de son épargne, en misant sur le temps long pour lisser les variations des marchés actions selon son profil de risque, et compléter par des versements modestes mais réguliers sur un PER, dont l'avantage fiscal reste limité tant que sa tranche d'imposition est basse.
Véronique, 58 ans, se rapproche davantage de la retraite. Elle a constitué l'essentiel de son épargne sur une assurance-vie ouverte depuis plus de quinze ans et peut notamment étudier, à l'approche de son départ, la conversion d'une partie du capital en rente viagère pour sécuriser un revenu complémentaire. Elle alimente également son PER depuis cinq ans, sa tranche marginale d'imposition plus élevée en milieu de carrière rendant la déduction potentiellement plus avantageuse qu'elle ne l'aurait été plus tôt.
Ces deux exemples illustrent des arbitrages entre horizon, fiscalité, disponibilité, risque et objectif, de capital ou de revenu, qui restent propres à chaque situation.
Exemples de stratégies à étudier selon l'horizon
Ces orientations sont indicatives : deux épargnants ayant le même âge peuvent adopter des allocations très différentes selon leur situation patrimoniale, leurs besoins de liquidité, leur capacité à supporter des pertes et leur tolérance au risque.
Horizon de plus de 20 ans
Un horizon aussi long permet, pour certains profils, d'envisager une exposition plus importante aux actifs fluctuants (actions, unités de compte) ; l'intérêt du PER, lui, dépend davantage de la tranche d'imposition que de l'âge.
Horizon compris entre 10 et 20 ans
À mesure que la tranche d'imposition évolue au cours de la carrière, l'intérêt du PER peut être réexaminé ; une diversification vers des solutions génératrices de revenus, comme les SCPI, peut aussi être étudiée selon les objectifs.
Horizon de moins de 10 ans
Le raccourcissement de l'horizon est un facteur à prendre en compte pour réévaluer le niveau de risque accepté, sans que cela impose une sécurisation automatique : les revenus futurs, le patrimoine déjà constitué et les besoins de liquidité entrent aussi en ligne de compte.
Le rôle d'une banque comme BNP Paribas dans la préparation de la retraite
BNP Paribas peut constituer une option pertinente pour les épargnants qui souhaitent centraliser leurs services bancaires et plusieurs enveloppes retraite, PER, assurance-vie via sa filiale Cardif, SCPI, auprès d'un même établissement, avec un accompagnement en agence ou à distance pour arbitrer entre les solutions selon l'horizon et la situation fiscale. La banque propose également un choix entre gestion libre et gestion pilotée pour les profils souhaitant déléguer tout ou partie du suivi de leur épargne.
Cet accompagnement a une contrepartie : les frais de gestion et d'entrée pratiqués par certaines offres des réseaux bancaires traditionnels sont, en général, supérieurs à ceux des contrats distribués en ligne, ce qui peut peser sur le rendement net à long terme. Le choix dépend donc de plusieurs facteurs propres à chaque épargnant : les frais, les supports disponibles, le niveau d'accompagnement recherché et les services proposés, et non d'un avantage produit qui serait systématiquement supérieur chez un seul établissement.
Vous préférez centraliser votre épargne ?
Un épargnant qui souhaite regrouper ses services bancaires et plusieurs solutions d'épargne retraite auprès d'un même interlocuteur peut étudier l'offre d'une banque de réseau comme BNP Paribas. Cela suppose, comme pour toute offre, de comparer les frais, les supports disponibles et le niveau d'accompagnement proposé avant de faire un choix.
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Ce qu'il faut retenir
Aucune solution unique ne couvre tous les besoins : PER, assurance-vie, immobilier locatif/SCPI et PEA répondent à des objectifs différents et se combinent selon l'horizon avant la retraite, la fiscalité personnelle et le besoin de disponibilité.
Le PER offre l'avantage fiscal potentiellement le plus direct à l'entrée, mais bloque l'épargne jusqu'au départ, avec une fiscalité de sortie qui varie selon que les versements ont été déduits ou non, et selon le mode de sortie choisi.
L'assurance-vie reste l'enveloppe la plus souple et permet, à la retraite, une sortie en capital ou en rente viagère.
Les SCPI et l'immobilier locatif visent un revenu régulier, avec un taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM, sans garantie de performance ni de disponibilité.
Plus l'horizon avant la retraite se raccourcit, plus il devient pertinent de réévaluer le niveau de risque accepté.
Prêt à passer à l'action ?
Que vous commenciez tout juste à épargner pour votre retraite ou que vous souhaitiez réorganiser des placements existants, comparer les solutions disponibles chez BNP Paribas peut constituer une première étape utile, à mettre en perspective avec les autres offres du marché.
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FAQ
Quel est le meilleur placement pour préparer sa retraite ?
Il n'existe pas de solution universellement meilleure. Le PER offre l'avantage fiscal le plus direct à l'entrée mais bloque l'épargne ; l'assurance-vie apporte de la souplesse et une fiscalité qui s'allège avec le temps ; le PEA convient à un horizon long avant la retraite ; l'immobilier et les SCPI visent un revenu régulier, sans garantie. Le choix dépend de l'âge, de la fiscalité personnelle, du besoin de disponibilité et de la tolérance au risque.
À partir de quel âge faut-il commencer à préparer sa retraite financièrement ?
Il n'y a pas d'âge unique, mais commencer tôt permet de lisser l'effort d'épargne dans le temps et de profiter d'un horizon de placement plus long, notamment pour les supports investis en actions.
Peut-on cumuler PER, assurance-vie, SCPI et PEA ?
Oui, ces enveloppes sont cumulables et répondent à des objectifs différents : réduction d'impôt possible pour le PER, disponibilité et transmission pour l'assurance-vie, revenu régulier pour les SCPI, exposition aux marchés actions pour le PEA.
Le capital placé sur un PER est-il vraiment bloqué jusqu'à la retraite ?
En principe oui, sauf dans les cas de déblocage anticipé prévus par la loi, comme l'achat de la résidence principale, l'invalidité, le décès du conjoint ou le surendettement.
Vaut-il mieux sortir son PER en capital ou en rente viagère ?
Cela dépend des besoins et de la fiscalité applicable selon que les versements ont été déduits ou non : le capital permet de financer un projet ponctuel ou de conserver la maîtrise de son épargne, tandis que la rente viagère sécurise un revenu régulier à vie, au prix d'une perte de disponibilité sur les sommes converties.
Les SCPI garantissent-elles un revenu à la retraite ?
Non, le taux de distribution des SCPI varie d'une année sur l'autre et d'un support à l'autre, et la valeur des parts peut baisser. Ce n'est pas un placement garanti.
La suspension de la réforme des retraites change-t-elle l'intérêt d'épargner en parallèle ?
Non : que l'âge légal évolue ou reste stable selon les générations, le taux de remplacement reste, pour la majorité des actifs, inférieur au dernier revenu d'activité, ce qui justifie d'étudier une épargne complémentaire indépendamment du calendrier des réformes.
Faut-il privilégier le PER si l'on est peu imposé ?
Pas nécessairement : l'avantage du PER dépend de la tranche marginale d'imposition au moment du versement. Pour un contribuable peu ou pas imposé, l'assurance-vie ou le PEA peuvent constituer des alternatives à étudier.